Une personne avec un panier se tient dans une allée d’un supermarché et regarde les rayons réfrigérés contenant des salades, légumes et boissons.
Faire ses courses végétales devient de plus en plus avantageux
Selon l’Étude des supermarchés ProVeg 2025, un point de bascule approche : dans plus de la moitié des supermarchés, faire ses courses en achetant des produits végétaux, permet désormais de réaliser des économies.
ProVeg Belgique a comparé les prix des produits végétaux et des produits d’origine animale dans des supermarchés flamands et bruxellois.
Le panier végétal basic, composé de lait, haché, yaourt et boulettes est en moyenne 2 % moins cher que sa version animale.
Les enseignes Albert Heijn, Delhaize, Jumbo et Lidl montrent même qu’un panier entièrement végétal, comprenant tous les produits végétaux disponibles dans les 13 catégories analysées, peut être moins cher que le panier animal.
Cette avancée s’explique principalement par la stratégie de prix agressive des marques de distributeur : les consommateurs qui choisissent intelligemment peuvent déjà économiser sur la plupart des alternatives végétales.

Les principaux résultats
Parité de prix dans 37,4 % des catégories
Plus d’un tiers (37,4 %) des catégories de produits végétaux étudiées sont déjà moins chères que leurs équivalents animaux (à taille d’emballage comparable).
Répartition des prix des produits végétaux par rapport aux produits animaux :

Les cinq gagnants
Dans certaines catégories, le choix végétal offre un avantage clair.
Les alternatives végétales sont structurellement moins chères dans cinq catégories :
- Fromage en tranches : –26 %
- Haché : –20 %
- Lait : –17 %
- Boulettes : –13 %
- Préparé (type steak tartare) : –10 %
Point remarquable : le lait végétal est l’option la moins chère chez tous les distributeurs.

Panier de base vs panier complet

Le panier de base végétal est moins cher dans la majorité des enseignes : Albert Heijn, Delhaize, Lidl, Colruyt et Jumbo
La différence la plus importante est observée chez Albert Heijn, où le panier végétal est 28 % moins cher que le panier animal.
En moyenne, le panier végétal de base est 2 % moins cher.
En raison des prix élevés chez Carrefour, la moyenne globale est tirée vers le haut. Sans Carrefour, le panier de base végétal serait 15 % moins cher.

Panier entièrement végétal
Le panier entièrement végétal reste moins cher chez Albert Heijn, Delhaize, Jumbo et Lidl.
En moyenne, un panier entièrement végétal est 5 % plus cher que le panier animal.
Cette différence s’explique surtout par certaines catégories encore très coûteuses comme les bâtonnets de poisson végétaux, les morceaux de “poulet” végétal ou les charcuteries végétales

Les paniers les moins chers sont généralement composés de marques de distributeur, dont les prix sont souvent volontairement alignés sur les produits animaux.
La disponibilité des produits végétaux peut encore s’améliorer
En moyenne, les alternatives végétales étaient disponibles dans 67 % des catégories.
Cependant, certains distributeurs, comme Albert Heijn et Jumbo montrent qu’un assortiment presque entièrement végétal est possible à 92 % et 85 % respectivement.
Les catégories les mieux représentées sont le lait, yaourt, le haché, les boulettes et le fromage végétal.

Recommandations
La parité de prix pour les produits végétaux est essentielle pour réussir la transition protéique. Il reste cependant des obstacles à lever.

Pour la distribution
Afin d’augmenter l’acceptation et les ventes d’alternatives végétales sur le long terme, les distributeurs doivent agir sur le prix, la disponibilité et la qualité des produits.
Politique de prix et promotions
La parité de prix doit être appliquée systématiquement aux marques de distributeur et aux produits végétaux, et être visible dans les folders et promotions.
Lorsque les produits animaux sont en promotion, les alternatives végétales devraient également être réduites et mises en avant.
Assortiment et goût
Garantir une offre végétale large et cohérente dans tous les magasins, y compris au rayon surgelé, afin que chaque produit animal ait au moins une alternative végétale.
Il est aussi important d’optimiser le profil nutritionnel, notamment en micronutriments.
Emballage et étiquetage
Proposer des formats plus grands pour réduire le prix au kilo et encourager l’achat.
Assurer également un étiquetage clair en magasin, sur les emballages et en ligne, par exemple via le V-Label.

Pour les pouvoirs publics
Pour stimuler l’acceptation et la production de protéines végétales, les politiques publiques doivent agir sur l’inégalité fiscale, la réglementation, l’innovation et l’accompagnement des agriculteurs.
Stratégie et réglementation
La stratégie flamande sur les protéines et la Green Deal Eiwitshift 2.0 doivent être mises en œuvre de manière cohérente.
Les obstacles réglementaires doivent être évités, comme l’interdiction d’utiliser des appellations de viande pour les alternatives végétales.
Incitations financières
Il faut mettre fin à l’inégalité fiscale entre produits animaux et végétaux.
Une réduction structurelle ou une exemption de TVA sur l’alimentation végétale soutiendrait clairement les recommandations nutritionnelles.
Recherche et développement
Stimuler la recherche, l’innovation et les aides publiques, et créer un fonds belge dédié aux protéines alternatives pour aider les entreprises à se développer et à accéder à des infrastructures partagées.
Soutien aux agriculteurs
Les pouvoirs publics doivent accompagner activement les agriculteurs dans la transition vers les protéines végétales, en créant des programmes d’information et en offrant des conseils techniques ainsi que des subventions pour la culture de sources de protéines végétales
Méthode de l’étude
L’étude des prix 2025 a été menée par ProVeg Belgique et ProVeg International dans 7 chaînes de supermarchés.

Les prix ont été relevés dans 13 catégories de produits. Celles-ci comprennent les substituts de viande (boulettes, haché, morceaux de poulet, bâtonnets de poisson, saucisses, burgers), les garnitures pour pain (fromage en tranches, jambon, préparé, filet de poulet) et les alternatives aux produits laitiers (lait, yaourt, crème de cuisson).
Pour chaque catégorie, le produit végétal (vegan) le moins cher a été comparé à l’équivalent d’origine animale le moins cher. La comparaison a toujours été effectuée sur la base du prix au kilo ou au litre.
Étant donné que les prix et les formats d’emballage varient selon les magasins, l’étude s’est appuyée sur les prix médians et la taille médiane des emballages des produits végétaux. Les produits pouvaient présenter une différence de taille maximale de ±40 % afin de permettre une comparaison équitable. Dans certains cas, cette limite a toutefois été ajustée en raison de différences importantes entre les formats d’emballage des produits végétaux et animaux.
