Pro justice

L’impact de l’élevage animal sur la faim dans le monde

La population mondiale augmente et avec elle, les risques de faim, de famine, de pénuries d’eau et de catastrophes environnementales. La question de comment nourrir le monde de manière équitable et durable n’a jamais été aussi urgente.

Or, une alimentation majoritairement végétale utilise moins de ressources, génère moins de pollution et de pesticides, et peut contribuer à un monde plus juste et plus égalitaire.
ProVeg explique ici comment la production de produits animaux aggrave la faim dans le monde et accentue la répartition inégale des ressources alimentaires.

Une répartition inégale de la nourriture à l’échelle mondiale

Dans le monde, 768 millions de personnes sont sous-alimentées1.
Paradoxalement, près de 2 milliards de personnes sont en surpoids, dont 650 millions vivent avec l’obésité2.

Selon les projections, la population mondiale augmentera de 25 % entre 2020 et 2050, pour atteindre environ 11 milliards d’individus en 21003.

La question de la répartition des ressources alimentaires, et de la capacité à nourrir une population croissante tout en réduisant la faim, la souffrance animale et l’impact environnemental, est plus pertinente que jamais.

Assurer la sécurité alimentaire mondiale signifie garantir à chacun un accès fiable à une nourriture suffisante, saine et nutritive afin de vivre en bonne santé4.

L’élevage gaspille une quantité stupéfiante de nourriture

Le gaspillage alimentaire le plus massif se produit dans l’élevage : Un tiers des terres cultivées dans le monde sert à nourrir des animaux et non des humains5.

Si l’ensemble des cultures produites servait directement à nourrir les humains, nous pourrions alimenter 10 milliards de personnes d’ici 2050, sans dépasser les limites écologiques de la planète678.

L’élevage industriel consomme :

  • un tiers des céréales mondiales,
  • deux tiers du soja, du maïs et de l’orge910.

Nourrir des animaux avec des cultures qui pourraient être directement manger par les humains, puis manger leur viande ou leur lait, est moins efficace énergétiquement, moins efficient en protéines et demande beaucoup plus de terres que de consommer directement les plantes111213.

La production de viande entraîne déforestation et accaparement des terres

Pour répondre à la demande croissante de produits animaux, les pays riches importent chaque année des centaines de milliers de tonnes de soja, de maïs et de céréales, notamment depuis l’Amérique du Sud et l’Afrique.

Quelques chiffres :

  • La consommation moyenne de terres par habitant dans l’UE est de 1,3 hectare, contre moins de 0,4 hectare en Chine ou en Inde14.
  • 60 % des terres nécessaires à la consommation européenne se trouvent hors d’Europe15.
  • En Allemagne, plus de 50 % des cultures servent à nourrir les animaux, et 60 % des terres agricoles nécessaires doivent être “importées” virtuellement16.

Ce modèle contribue à la déforestation, la perte de biodiversité, l’accaparement des terres dans les pays du Sud et la dépendance alimentaire.

Les régimes végétaux ont une empreinte eau bien plus faible

L’agriculture utilise 70 % de l’eau douce mondiale, pour irriguer les champs et élever les animaux17. La culture des aliments destinés aux animaux représente 20 % de cette consommation18.

Aujourd’hui, 2,1 milliards de personnes n’ont pas accès à une eau potable sûre19, 780 millions n’ont même pas un service de base et d’ici 2025, 1,8 milliard de personnes vivront dans des zones en pénurie d’eau20.

Avec le changement climatique, la situation s’aggrave encore21. Or, l’empreinte hydrique des régimes végétariens ou végétaliens est bien plus faible que celle des régimes riches en produits animaux2223.

Réduire la consommation de protéines animales est donc un levier clé pour préserver l’eau douce.

Une alimentation végétale demande beaucoup moins de ressources

L’élevage animal contribue à la déforestation, au changement d’affectation des sols, à la perte de biodiversité, à la pollution, et au changement climatique.

La production massive de viande, de lait, d’œufs ou de poisson nuit directement aux populations du Sud. Leurs terres sont utilisées pour produire des cultures destinées au bétail des pays riches, leurs océans sont surexploités pour satisfaire la consommation mondiale, tout cela alors que beaucoup peinent à se nourrir localement.

En réalité, viande, produits laitiers, œufs et poissons sont des aliments de luxe dont l’humanité n’a pas besoin si une alimentation végétale variée et bien planifiée est disponible.

  1. FAO, IFAD, UNICEF, WFP and WHO (2021): The State of Food Security and Nutrition in the World 2021. Transforming food systems for food security, improved nutrition and affordable healthy diets for all. Rome, FAO. https://doi.org/10.4060/cb4474en ↩︎
  2. WHO (2018): Obesity and overweight. Available at: https://www.who.int/en/news-room/fact-sheets/detail/obesity-and-overweight [23.12.2020][12.02.2018] ↩︎
  3. United Nations, Department of Economic and Social Affairs, Population Division (2019): World Population Prospects 2019, Online Edition. Rev. 1. Available at: https://population.un.org/wpp/Download/Standard/Population/ [23.12.2020] ↩︎
  4. Food and Agricultural Organisation of the United Nations (FAO) (1996): Rome Declaration on World Food Security and World Food Summit Plan of Action. World Food Summit 13–17 November 1996. Rome. Available at http://www.fao.org/docrep/005/y4671e/y4671e06.htm#fn30 [07.03.2018] ↩︎
  5. Steinfeld, H., P. Gerber, T. D. Wassenaar, et al. (2006): Livestock’s long shadow: environmental issues and options. Food and Agriculture Organization of the United Nations, Rome ↩︎
  6. Cassidy, E. S., P. C. West, J. S. Gerber, et al. (2013): Redefining agricultural yields: from tonnes to people nourished per hectare. Environmental Research Letters 8(3), 034015. doi:10.1088/1748-9326/8/3/034015 ↩︎
  7. Erb, K.-H., C. Lauk, T. Kastner, et al. (2016): Exploring the biophysical option space for feeding the world without deforestation. Nature Communications 7 11382. doi:10.1038/ncomms11382 ↩︎
  8. Gerten, D., V. Heck, J. Jägermeyr, et al. (2020): Feeding ten billion people is possible within four terrestrial planetary boundaries. Nature Sustainability 3(3), 200–208. doi:10.1038/s41893-019-0465-1 ↩︎
  9. Food and Agriculture Organization of the United Nations (2017): Crop Prospects and Food Situation. March 2017. p.7 FAO, Rome ↩︎
  10. Willett, W., J. Rockström, B. Loken, et al. (2019): Food in the Anthropocene: the EAT–Lancet Commission on healthy diets from sustainable food systems. ↩︎
  11. Shepon, A., G. Eshel, E. Noor, et al. (2016): Energy and protein feed-to-food conversion efficiencies in the US and potential food security gains from dietary changes. Environmental Research Letters 11(10), IOP Publishing, 105002. doi:10.1088/1748-9326/11/10/105002 ↩︎
  12. Shepon, A., G. Eshel, E. Noor, et al. (2018): The opportunity cost of animal based diets exceeds all food losses. Proceedings of the National Academy of Sciences 201713820. doi:10.1073/pnas.1713820115 ↩︎
  13. Mottet, A., C. de Haan, A. Falcucci, et al. (2017): Livestock: On our plates or eating at our table? A new analysis of the feed/food debate. Global Food Security 14 1–8. doi:10.1016/j.gfs.2017.01.001 ↩︎
  14. B. Lugschitz, M. Bruckner und S. Giljum (2011): Europe‘s global land demand: a study on the actual land embodied in European imports and exports of agricultural and forestry products. Wien: Sustainable Europe Research Institute, 2011. p. 14 ↩︎
  15. B. Lugschitz, M. Bruckner und S. Giljum (2011): Europe‘s global land demand: a study on the actual land embodied in European imports and exports of agricultural and forestry products. Wien: Sustainable Europe Research Institute, 2011. p. 22 ↩︎
  16. Fischer, G., S. Tramberend, M. Bruckner, M. Lieber (2017): Quantifying the land footprint of Germany and the EU using a hybrid accounting model. Umweltbundesamt, Dessau-Roßlau. Verfügbar unter: https://www.umweltbundesamt.de/en/publikationen/quantifying-the-land-footprint-of-germany-the-eu [09.07.2021] ↩︎
  17. UNESCO, UN-Water (2020): United Nations World Water Development Report 2020:Water and Climate Change, Paris, UNESCO. ↩︎
  18. FAO (2019): Water use in livestock production systems and supply chains – Guidelines for assessment (Version 1). Livestock Environmental Assessment and Performance (LEAP) Partnership. Rome. ↩︎
  19. WHO (2019): Drinking Water. Available at: https://www.who.int/news-room/fact-sheets/detail/drinking-water ↩︎
  20. WWAP (World Water Assessment Programme) (2012): The United Nations World Water Development Report 4: Managing Water under Uncertainty and Risk. Paris, UNESCO. p 541 ↩︎
  21. UNESCO, UN-Water (2020): United Nations World Water Development Report 2020:Water and Climate Change, Paris, UNESCO. ↩︎
  22. A.Y. Hoekstra (2015): The Water Footprint: The Relation Between Human Consumption and Water Use. The Water We Eat, Springer Water, pp 35–48 ↩︎
  23. Vanham, D., S. Comero, B. M. Gawlik, et al. (2018): The water footprint of different diets within European sub-national geographical entities. Nature Sustainability 1(9), 518–525. doi:10.1038/s41893-018-0133-x
    ↩︎

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